Écrit par Yanis KharchafiFormation d'Expert Fiduciaire
Diplômé HEC/AFA/IAF
Une fiduciaire est-elle obligatoire en Suisse en 2026 ?
Au programme :
En Suisse, aucune obligation générale n’impose à une entreprise de faire appel à une fiduciaire. Un entrepreneur peut notamment créer son activité, tenir sa comptabilité, préparer ses déclarations fiscales et gérer ses salaires lui-même. Certaines opérations nécessitent toutefois l’intervention d’un notaire ou d’un réviseur agréé.
Et vous le savez mieux que moi en 2026, presque tout est devenu accessible en quelques clics : textes de loi, modèles de contrats, logiciels comptables, simulateurs fiscaux, plateformes de création d’entreprise et intelligences artificielles.
Il est donc légitime de se demander si une entreprise suisse a encore besoin d’une fiduciaire pour gérer ses démarches administratives, comptables et fiscales.
Autrement dit : est-ce que notre métier a-t-il encore un avenir ? Et vous, chers clients, avez-vous encore un réel intérêt à vous tourner vers un cabinet de conseil comme le nôtre ?
Vous vous posez sûrement cette question. Sachez que nous aussi.
Chez FBKConseils, nous pensons qu’une fiduciaire ne peut plus simplement exécuter des tâches que ses clients pourraient réaliser eux-mêmes. Elle doit se réinventer, expliquer, conseiller et proposer des services et des outils qui apportent une véritable valeur ajoutée.
Dans cet article, nous allons donc analyser les principaux domaines dans lesquels une fiduciaire peut intervenir :
- la création d’entreprise ;
- la domiciliation ;
- la comptabilité ;
- les déclarations fiscales et la TVA ;
- la gestion des salaires ;
- la révision des comptes.
Pour chaque sujet, nous distinguerons deux choses :
- Ce que la loi suisse exige réellement ;
- Ce que nous recommandons en pratique.
Spoiler alert : en Suisse, une fiduciaire est très rarement obligatoire.
Elle peut toutefois devenir très utile lorsque la situation se complexifie, lorsque le dirigeant manque de temps ou lorsque les conséquences d’une erreur deviennent importantes.
Une fiduciaire est-elle obligatoire pour créer une entreprise en Suisse ?
La création d’une entreprise peut sembler compliquée : il faut choisir une forme juridique société de personnes ou société de capitaux, rédiger des statuts, définir un but, ouvrir un compte de consignation, s’inscrire au registre du commerce et organiser les différentes affiliations.
Pourtant, la présence d’une fiduciaire n’est pas imposée par la loi.
Ce que dit la loi en Suisse
Une personne peut créer une activité indépendante, sous la forme d’une raison individuelle, sans faire appel à une fiduciaire ni à un notaire. En Suisse, pour lancer votre activité indépendante, une grande partie des démarches peut être effectuée par vos soins et, en plus de cela, très rapidement.
En revanche, pour la constitution d’une société de capitaux, principalement une SA ou une Sàrl, un acte authentique est nécessaire. Cette exigence découle notamment de l’article 629 CO pour la SA et de l’article 777 CO pour la Sàrl.
En pratique un acte authentique signifie que l’intervention d’un notaire ou d’un autre officier public compétent est nécessaire pour constituer une SA ou une Sàrl. Cela signifie également que, malheureusement, ni FBKConseils ni aucune autre fiduciaire ne peut remplacer le notaire ou l’officier public chargé d’établir l’acte authentique.
Une personne peut ainsi préparer son projet, choisir un notaire et effectuer elle-même les autres démarches nécessaires.
Depuis quelques années, même les prestations notariales ont été largement digitalisées. Les plateformes de création d’entreprise permettent de réaliser certaines constitutions simples pour quelques centaines de francs, alors que les coûts pouvaient autrefois atteindre environ CHF 2’500.
Notre recommandation quant à l’utilité d’une fiduciaire pour la création de votre entreprise
Pour une création très simple, avec un seul associé, un but standard et aucun projet particulier, une plateforme en ligne peut parfaitement faire l’affaire.
La situation devient toutefois plus délicate lorsque :
- les associés sont nombreux ;
- les responsabilités doivent être précisément réparties ;
- une levée de fonds est envisagée ;
- des investisseurs doivent entrer au capital ;
- le choix entre SA, Sàrl et activité indépendante n’est pas évident ;
- la politique salariale et les dividendes doivent être anticipés ;
- une solution de prévoyance professionnelle surobligatoire ou un plan 1e est envisagé.
Une erreur commise à la création n’empêchera pas forcément l’entreprise d’exister, mais elle peut entraîner des coûts et des complications quelques mois ou quelques années plus tard.
Nous recommandons donc au minimum un entretien de conseil lorsque plusieurs options sont possibles.
Une heure peut parfois suffire pour poser les bonnes questions, contrôler les informations obtenues en ligne ou auprès d’une intelligence artificielle et effectuer quelques ajustements importants.
FBKConseils et la création de votre entreprise
Chez FBKConseils, nous organisons, à votre convenance, un premier rendez-vous sans frais qui permet de faire le tour des principales questions et de vous lancer sur la bonne voie. Si cela ne suffit pas, nous proposons ensuite des rendez-vous de conseil, à la durée de votre choix, pour finaliser vos simulations et, si besoin, lancer les démarches de création.
Une fiduciaire est-elle obligatoire pour domicilier une entreprise ?
Chaque entreprise inscrite au registre du commerce doit disposer d’une adresse à laquelle elle peut être contactée. L’article 117 de l’Ordonnance sur le registre du commerce distingue le siège de l’entreprise, qui correspond à la commune politique, de son domicile, qui correspond à l’adresse à laquelle elle peut être jointe à son siège.
Cette adresse sert de point de référence pour le registre du commerce, les administrations, les fournisseurs, les clients et les autres partenaires. Lorsqu’une entreprise dispose de ses propres bureaux, la domiciliation ne pose généralement aucune difficulté et se fait en principe dans ses propres locaux.
La question se pose surtout pour les entrepreneurs qui travaillent depuis leur domicile, ne souhaitent pas publier leur adresse privée ou créent une entreprise suisse depuis l’étranger.
Ce que dit la loi en Suisse en matière d’adresse officielle pour les entreprises
Une entreprise doit disposer d’une adresse officielle correspondant à son siège. La loi n’impose toutefois pas que cette adresse soit fournie par une fiduciaire, un cabinet d’avocats, votre maman ou une société spécialisée dans la domiciliation.
Selon la situation, l’entreprise peut être domiciliée :
- dans ses propres locaux ;
- au domicile du dirigeant ;
- auprès d’un associé ;
- auprès d’une personne ou d’une entreprise qui accepte de mettre une adresse à disposition ;
- auprès d’une fiduciaire.
La domiciliation auprès d’une fiduciaire est donc une possibilité, et non une obligation.
Notre recommandation en matière de domiciliation
Le choix d’une adresse ne doit pas être considéré comme une simple formalité.
Le siège de l’entreprise peut influencer son imposition, puisque les taux fiscaux et les pratiques varient selon le canton et la commune. Il ne suffit toutefois pas toujours à déterminer à lui seul le lieu d’imposition : l’administration effective de la société peut également être déterminante.
Il faut également s’assurer que le courrier officiel sera réceptionné, traité et transmis rapidement.
Certains documents peuvent avoir des conséquences importantes, surtout lorsque les délais sont serrés et régis par la loi : manquer une date butoir peut avoir de lourdes conséquences financières.
Il peut notamment s’agir de :
- décisions fiscales ;
- demandes du registre du commerce ;
- communications relatives à la TVA ;
- rappels ;
- actes officiels.
Une domiciliation professionnelle est surtout utile lorsque l’entreprise ne dispose pas de locaux, lorsque le dirigeant vit à l’étranger ou lorsqu’il souhaite séparer clairement son adresse privée de son activité professionnelle.
En revanche, si vous disposez déjà d’une adresse professionnelle stable et d’une bonne organisation du courrier, vous pouvez facilement vous passer d’une fiduciaire pour ce service.
Une fiduciaire est-elle obligatoire pour tenir la comptabilité ?
La comptabilité constitue probablement le service le plus spontanément associé aux fiduciaires. De nombreux entrepreneurs imaginent qu’une comptabilité d’entreprise n’est valable que si elle a été préparée ou validée par un professionnel diplômé.
Ce n’est pas le cas en Suisse.
Ce que dit la loi en Suisse, ou plutôt ce qu’elle ne dit pas, concernant la tenue des comptes d’une entreprise
Les entreprises concernées doivent tenir leur comptabilité conformément aux règles applicables.
La législation définit les obligations comptables, les principes à respecter, les documents à conserver et les comptes à établir.
En revanche, elle ne réserve pas de manière générale la tenue comptable à une fiduciaire ou à une personne possédant un diplôme particulier.
Une comptabilité peut donc être tenue :
- par le dirigeant ;
- par un associé ;
- par un salarié ;
- par son meilleur ami qui a fait HEC il y a dix ans ;
- par un prestataire externe ;
- par une fiduciaire ;
- à l’aide d’une intelligence artificielle, sous la responsabilité de l’entreprise.
Il existe ici une différence importante avec la France. Dans le système français, une entreprise peut généralement tenir sa comptabilité elle-même ou la confier à un salarié interne. Toutefois, lorsqu’elle externalise cette mission, elle doit en principe recourir à un professionnel autorisé et, de facto, certifié.
En Suisse, l’externalisation de la tenue comptable n’est pas soumise à la même restriction générale.
Notre recommandation en matière de gestion comptable
Le fait que tout le monde puisse tenir une comptabilité ne signifie pas que tout le monde devrait le faire.
Une très petite activité comportant quelques factures et peu de mouvements peut parfois être gérée simplement, éventuellement même au moyen d’un tableau Excel adapté.
C’est notamment le cas des raisons individuelles et des sociétés de personnes qui ont réalisé un chiffre d’affaires inférieur à CHF 500’000 lors du dernier exercice. Selon l’article 957 alinéa 2 chiffre 1 CO, elles doivent uniquement tenir une comptabilité simplifiée portant sur leurs recettes, leurs dépenses et leur patrimoine.
Attention toutefois : la loi autorise une comptabilité simplifiée, mais elle ne prévoit pas spécifiquement que celle-ci doive être tenue sur Excel. L’outil utilisé doit toujours permettre de respecter les principes applicables et de justifier les opérations enregistrées.
Cependant, la difficulté augmente rapidement avec :
- le nombre de factures ;
- l’assujettissement à la TVA ;
- les opérations internationales ;
- les salariés ;
- les véhicules ;
- les frais privés et professionnels mélangés ;
- les investissements ;
- les amortissements ;
- les financements ;
- les opérations entre associés.
Attention : comme expliqué dans notre introduction, en Suisse, déléguer une tâche ne signifie pas déléguer la responsabilité. Les organes de direction conservent les obligations légales qui leur incombent, même lorsqu’ils confient certaines tâches à un tiers.
Si vous confiez votre comptabilité à Maurice, le stagiaire, et qu’une erreur importante est commise, votre entreprise devra tout de même répondre aux demandes de l’administration.
Il peut ensuite être possible de rechercher la responsabilité du prestataire, mais cela ne vous évitera pas nécessairement les corrections, les procédures, les intérêts ou les autres conséquences.
Nous recommandons donc de choisir une solution proportionnée à la complexité de l’entreprise.
Le dirigeant peut parfaitement tenir lui-même une comptabilité simple, à condition de se former, de disposer des bons outils et de faire contrôler ponctuellement son travail.
Lorsque la situation devient plus complexe, l’intervention d’un professionnel permet surtout de réduire le risque et de libérer du temps.
Une fiduciaire est-elle obligatoire pour déposer les déclarations fiscales et les décomptes TVA ?
La comptabilité sert notamment de base aux déclarations fiscales de l’entreprise et, lorsque celle-ci est assujettie, à ses décomptes TVA. Là encore, aucune obligation générale n’impose de confier ces démarches à une fiduciaire.
Ce que dit la loi en Suisse en matière de déclarations fiscales et de fiscalité directe ou indirecte
L’entreprise et ses organes restent responsables du respect de leurs obligations fiscales.
Ils peuvent préparer et déposer eux-mêmes :
- la déclaration fiscale de l’entreprise ;
- les décomptes TVA ;
- les différentes annexes ;
- les réponses aux demandes des administrations.
Et comme pour tout le reste, le fait de mandater un représentant ne supprime pas les obligations qui demeurent à la charge de l’entreprise et de ses organes.
La situation est comparable à celle d’une déclaration d’impôt privée : vous pouvez la remplir vous-même ou demander de l’aide, mais vous restez responsable des informations déclarées.
Aucune obligation légale n’impose toutefois de confier la déclaration fiscale ou les décomptes TVA à une fiduciaire.
Est-il pertinent de déléguer la gestion fiscale de votre entreprise ?
Si vous souhaitez gérer vous-même vos déclarations, prenez le temps de vous former et de comprendre les chiffres transmis. L’utilisation d’un logiciel ou d’une intelligence artificielle ne dispense pas de vérifier le résultat.
Si vous choisissez de déléguer cette mission, renseignez-vous sur le prestataire :
- connaît-il votre secteur ?
- de quelles qualifications dispose-t-il ?
- quels sont les avis et la réputation de cette entreprise ?
- maîtrise-t-il la TVA ?
- dispose-t-il d’une assurance responsabilité civile professionnelle ?
- vous explique-t-il ce qui est déclaré ?
- vous demande-t-il les informations nécessaires ?
- conserve-t-il des dossiers suffisamment clairs ?
La valeur d’un professionnel ne réside pas uniquement dans le fait de remplir un formulaire. Elle réside surtout dans sa capacité à identifier les éléments inhabituels, à poser les bonnes questions et à anticiper les conséquences fiscales.
Et surtout, si je ne devais conserver qu’un seul critère pour choisir votre fiduciaire, ce serait celui-ci : est-il toujours présent lorsque quelque chose tourne mal ? Est-il présent lors d’un contrôle, d’une demande de pièces ou d’un litige portant sur la qualification d’une dépense ?
La gestion des salariés doit-elle être légalement confiée à une fiduciaire ?
Le paiement des salaires paraît simple : on détermine un montant brut, on retire quelques charges et on verse le montant net.
Dans la pratique, la gestion salariale est probablement l’une des parties les plus complexes de l’administration d’une entreprise suisse, même pour nous, professionnels.
En assistant à mes cours d’expertise, à des conférences sur le sujet et même en mandatant des avocats spécialisés en droit du travail, on se rend vite compte qu’une simple question peut déboucher sur plusieurs interprétations possibles.
Mais, en résumé, voici ce qu’il faut retenir.
Ce que dit la loi en Suisse concernant la gestion des salariés, les fiches de salaire, les certificats et les décomptes
Aucune règle générale n’oblige une entreprise à externaliser ses salaires.
L’employeur peut gérer lui-même :
- les fiches de salaire ;
- les cotisations sociales ;
- les déclarations annuelles ;
- les impôts à la source ;
- les allocations ;
- les vacances ;
- les absences ;
- les accidents et les maladies ;
- les relations avec les assurances ;
- les attestations et certificats de travail ;
- les contrats de travail.
Il peut également confier ces tâches à un salarié interne, à une fiduciaire ou à un autre prestataire.
Le recours à une fiduciaire n’est donc de nouveau pas obligatoire malheureusement pour nous.
Notre recommandation
La gestion interne peut parfaitement fonctionner lorsque l’entreprise dispose d’un logiciel adapté et d’une personne suffisamment formée.
Elle devient toutefois rapidement complexe lorsque plusieurs situations particulières se présentent :
- salariés à temps partiel ;
- rémunérations variables ;
- bonus ;
- commissions ;
- impôt à la source ;
- part privée aux véhicules ;
- frais de formation ;
- frais de représentation ;
- absences de longue durée ;
- indemnités journalières ;
- allocations familiales ;
- entrées et départs en cours d’année ;
- collaborateurs domiciliés à l’étranger.
Une erreur de salaire touche directement les collaborateurs. Elle peut également entraîner des corrections auprès des caisses sociales, des assurances ou des administrations fiscales.
Notre recommandation est donc de conserver la gestion en interne uniquement si une personne maîtrise réellement le sujet et dispose du temps nécessaire.
Dans le cas contraire, l’externalisation permet souvent de sécuriser le processus et d’éviter que le 25 de chaque mois ne devienne une source permanente de stress.
Un audit ou une révision des comptes doit-il être effectué par un professionnel ?
Pour la première fois dans cet article, et contrairement à la comptabilité, la révision légale des comptes constitue une activité réglementée.
Lorsqu’un contrôle est imposé par la loi, l’entreprise ne peut pas demander à n’importe quelle personne de vérifier ses comptes.
Ce que dit la loi en Suisse en matière d’audit et de révision
Les petites entreprises peuvent, sous certaines conditions, renoncer au contrôle restreint de leurs comptes. Cette renonciation est appelée opting-out.
Lorsque les conditions de l’opting-out ne sont plus remplies, ou lorsqu’une situation particulière prévue par la loi se présente, l’entreprise doit faire intervenir un réviseur disposant de l’agrément requis.
L’objectif est notamment de contrôler :
- Si les comptes annuels respectent les exigences légales ;
- Si la proposition concernant l’emploi du bénéfice est conforme à la loi et aux statuts.
Plusieurs situations peuvent entraîner une obligation de contrôle.
Les difficultés financières : perte de capital et surendettement
Une société peut subir des pertes importantes et voir ses fonds propres diminuer.
Lorsque cette diminution atteint le niveau défini par l’article 725a CO, elle se trouve en situation de perte de capital. Cette situation apparaît lorsque les actifs, après déduction des dettes, ne couvrent plus la moitié de la somme du capital-actions ou du capital social et des réserves légales qui ne peuvent pas être remboursées aux actionnaires ou aux associés.
Lorsque les dettes ne sont plus couvertes par les actifs, un surendettement peut être envisagé conformément à l’article 725b CO.
Même une entreprise ayant valablement renoncé à la révision peut alors devoir faire contrôler ses comptes annuels ou ses comptes intermédiaires par un réviseur agréé.
Notre recommandation
Il ne faut pas attendre que les comptes annuels soient terminés pour s’intéresser à une éventuelle perte de capital.
Une entreprise devrait suivre régulièrement :
- ses liquidités ;
- ses dettes ;
- ses fonds propres ;
- ses résultats intermédiaires ;
- ses engagements futurs.
Plus les difficultés sont identifiées tôt, plus les solutions possibles sont nombreuses.
Une fiduciaire ne remplace pas l’organe de révision, mais elle peut aider à détecter la situation, à préparer les documents nécessaires et à coordonner les échanges avec le réviseur.
L’augmentation de capital
Une entreprise peut rechercher de nouvelles ressources pour couvrir des pertes, financer des investissements ou renforcer sa structure financière.
Ces ressources peuvent prendre la forme d’un prêt, qui augmente les dettes, ou d’un apport au capital, qui augmente les fonds propres.
Certaines augmentations de capital nécessitent l’intervention d’un réviseur, notamment selon la nature des apports et la manière dont l’opération est réalisée. L’article 652f CO prévoit notamment la vérification du rapport d’augmentation par un réviseur agréé dans les situations concernées.
Notre recommandation
Avant de choisir entre un prêt et une augmentation de capital, il faut analyser plusieurs éléments :
- les besoins réels de l’entreprise ;
- sa capacité de remboursement ;
- la répartition du pouvoir entre les associés ;
- l’impact fiscal ;
- les coûts de l’opération ;
- les objectifs à long terme.
L’intervention d’un professionnel avant le lancement de l’opération permet souvent d’éviter de choisir une procédure plus complexe ou plus coûteuse que nécessaire.
Le dépassement de dix employés ETP (équivalents plein temps)
La loi ne dit pas directement qu’une entreprise doit être auditée dès qu’elle atteint dix salariés.
L’article 727a alinéa 2 CO prévoit que les sociétés comptant au maximum dix emplois à plein temps en moyenne annuelle peuvent, avec le consentement de l’ensemble des actionnaires ou associés, renoncer au contrôle restreint pour les exercices futurs. Depuis le 1er janvier 2025, l’inscription de cette renonciation au registre du commerce doit être requise avant le début de l’exercice.
Lorsque la société dépasse dix ETP en moyenne annuelle, elle ne peut plus bénéficier de cet opting-out et doit au minimum se soumettre à un contrôle restreint annuel.
Notre recommandation
Les seuils doivent être anticipés.
Une entreprise peut compter plus de dix personnes physiques tout en restant sous dix ETP si plusieurs collaborateurs travaillent à temps partiel. À l’inverse, une croissance rapide peut faire dépasser le seuil en cours d’exercice.
Il est donc recommandé de suivre l’effectif moyen et de préparer suffisamment tôt :
- la désignation d’un organe de révision ;
- l’organisation de la comptabilité ;
- la documentation des écritures ;
- les inventaires ;
- les justificatifs ;
- les procédures internes.
Une comptabilité tenue uniquement dans le but d’établir une déclaration fiscale peut ne pas être suffisamment organisée pour supporter efficacement une révision annuelle.
Les autres opérations nécessitant une vérification
D’autres situations peuvent également nécessiter l’intervention d’un réviseur :
- certaines transformations ;
- certaines augmentations ou réductions de capital ;
- les fusions ;
- les scissions ;
- certaines liquidations ;
- certaines opérations comprenant des apports particuliers.
L’objectif de cet article n’est pas de présenter chacune de ces procédures en détail, mais de rappeler que la révision ne dépend pas uniquement de la taille de l’entreprise.
Notre recommandation générale concernant la révision
Dès qu’une opération touche au capital, à la structure juridique ou à la survie financière de la société, il est préférable de demander conseil avant de signer ou d’exécuter quoi que ce soit.
La fiduciaire peut préparer les chiffres et accompagner l’entreprise, mais elle ne remplace pas le réviseur indépendant lorsque la loi impose son intervention.
Il faut donc bien distinguer trois rôles :
- le dirigeant, qui prend les décisions et reste responsable ;
- la fiduciaire, qui conseille et prépare les informations ;
- le réviseur, qui effectue un contrôle indépendant lorsqu’il est requis.
Conclusion, une fiduciaire est-elle vraiment nécessaire ?
En Suisse, le recours à une fiduciaire n’est, en tant que tel, pratiquement jamais imposé par la loi.
Vous pouvez généralement :
- créer votre entreprise sans elle ;
- domicilier vous-même votre société ;
- tenir votre comptabilité ;
- déposer vos déclarations fiscales ;
- préparer vos décomptes TVA ;
- gérer vos salaires en interne.
Certaines opérations nécessitent toutefois un notaire, notamment la création d’une SA ou d’une Sàrl et certaines modifications soumises à la forme authentique, ou un réviseur agréé lorsque certains seuils sont dépassés ou que certains événements juridiques ou financiers se produisent.
La véritable utilité d’une fiduciaire ne vient donc pas d’un monopole légal édicté par notre cher Code des obligations. Elle vient de l’accompagnement, des connaissances techniques, du gain de temps et de la réduction du risque.
Faire appel à une fiduciaire revient finalement à déléguer certaines tâches à une équipe qui les réalise quotidiennement et qui peut vous aider à comprendre les conséquences de vos décisions.
Vous avez parfaitement le droit de tout gérer vous-même.
La question à vous poser n’est donc pas uniquement : « Est-ce obligatoire ? »
La bonne question est plutôt : « Est-ce réellement la meilleure utilisation de mon temps et suis-je prêt à assumer seul les conséquences d’une éventuelle erreur ? »
Comment FBKConseils peut accompagner votre entreprise ?
Comme nous l’avons vu tout au long de cet article, faire appel à une fiduciaire n’est que très rarement une obligation légale en Suisse.
Notre rôle n’est donc pas de vous faire croire que vous êtes obligé de travailler avec nous, mais de vous accompagner dans les démarches que vous ne souhaitez pas gérer seul, de répondre à vos questions et de vous aider à réduire les risques d’erreur.
Selon votre situation, FBKConseils peut intervenir uniquement pour un rendez-vous de conseil, pour contrôler le travail que vous avez déjà effectué ou pour prendre en charge une partie plus importante de la gestion administrative de votre entreprise.
Une première rencontre sans frais au bureau ou par Teams
Si cet article a manqué de détails sur certains points, si certaines questions vous semblent plus complexes ou si vous souhaitez simplement en apprendre davantage sur notre entreprise et notre manière de travailler, nous vous proposons un premier rendez-vous d’introduction sans frais.
Cet échange nous permet de comprendre brièvement votre situation, de répondre à vos premières questions et de vous indiquer si nous pouvons réellement vous accompagner.
Créer votre entreprise
Vous souhaitez créer une raison individuelle, une Sàrl ou une SA, mais vous hésitez encore sur la structure la plus adaptée ?
Nous pouvons vous accompagner dans le choix de la forme juridique, la préparation de la création, les échanges avec le notaire ainsi que dans les affiliations aux assurances sociales, l’inscription à la TVA et les démarches auprès des administrations concernées.
Domicilier votre entreprise
Vous créez une entreprise en Suisse sans disposer de locaux professionnels ou vous ne souhaitez pas utiliser votre adresse privée ?
FBKConseils propose un service de domiciliation professionnelle à Lausanne, Rue Pépinet 3, permettant à votre entreprise de disposer d’une adresse professionnelle en Suisse romande ainsi que d’une solution pour la réception et la gestion de son courrier.
Gérer votre comptabilité et vos obligations fiscales
Chez FBKConseils, nous proposons plusieurs niveaux d’accompagnement en lien avec la comptabilité et votre fiscalité : délégation complète, formation personnalisée, relecture de votre travail ou intervention ponctuelle en fonction de vos besoins.
Externaliser la gestion de vos salariés
La gestion des salaires et des assurances sociales peut rapidement devenir complexe, notamment en présence d’impôt à la source, de rémunérations variables, d’absences ou de collaborateurs domiciliés à l’étranger.
Nous pouvons prendre en charge la préparation des salaires, les déclarations sociales et les différentes démarches administratives liées à vos employés.
Vous ne savez pas encore quel service correspond à votre situation ?
Vous pouvez retrouver l’ensemble de nos prestations destinées aux indépendants et aux entreprises sur notre page dédiée ou réserver directement un rendez-vous d’introduction sans frais afin de nous présenter votre situation.