2ème pilier en Suisse (LPP/LAA): toutes les réponses sur une page

    A la fin de cet article, vous saurez tout sur le 2ème pilier: comment ça fonctionne, combien vous cotisez, comment calculer votre rente LPP et quand vous pouvez retirer votre 2ème pilier. C’est parti !

    Qu’est-ce que la LPP et pourquoi existe-t-elle ?

    Si le premier pilier est une prévoyance étatique, le deuxième est une prévoyance professionnelle. Elle vient s’ajouter au premier pilier pour vous assurer une rente à la retraite qui corresponde environ à 50-60% de votre dernier salaire.

    La prévoyance professionnelle (LPP), de son nom complet Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité, repose sur une épargne individuelle. Elle est financée à moitié par l’employeur et à moitié par l’employé à des taux variables selon la fourchette d’âge du travailleur.

    Et pour les indépendants ? Les créateurs solitaires ? Les baroudeurs du commerce ?

    Pour eux, pas d’obligation de souscription à la prévoyance professionnelle.

    D’ailleurs, on a tous entendu des phrases du genre « faut vraiment que je quitte ce travail. Je vais retirer mon 2ème pilier et créer une entreprise ! » Ou encore : « dans deux ans je prends tout mon 2ème pilier et je quitte la Suisse ».

    Qu’est-ce qu’il est vraiment possible de faire et à quelles conditions ? Découvrez toutes les réponses dans cet article. Mais avant, petite minute d’histoire. Parce que, pour tirer le meilleur parti de votre LPP, faut-il encore comprendre pourquoi elle existe…

    Quand est-ce que la LPP a été introduite en Suisse

    Le soleil brûlait sans interruption sur le Palais fédéral en cette journée radieuse du 25 juin. Courait l’année 1982 et la population était portée par une effervescence inédite à l’idée qu’à l’âge de sa retraite, elle allait couler des jours plus heureux.

    Bon, en vérité, je ne sais pas s’il y avait vraiment du soleil sur Berne ce jour-là. A vrai dire, je n’ai jamais vu Berne sous le soleil.

    Si la LPP a été signée en juin 1982, ce n’est qu’à partir du 1er janvier 1985 qu’elle est devenue réellement effective. Avec comme but explicit de permettre aux personnes âgées, mais aussi aux survivants et aux invalides, et en complément à l’AVS/AI, de « maintenir leur niveau de vie de manière appropriée, lors de la réalisation d’un cas d’assurance vieillesse, décès ou invalidité. »

    Comment fonctionne la LPP et qui la paie ?

    Contrairement à l’AVS, qui couvre tout le monde et à laquelle tous participent, la LPP assure les salariés qui sont par ailleurs inscrits à l’AVS. Une moitié est financée par les salariés et l’autre par les employeurs.

    Autre différence capitale avec l’AVS: quand on me prend un pourcentage de mon salaire pour l’AVS, cette épargne ne m’est pas destinée. Elle est destinée aux retraités actuels. Quant à la part de mon salaire réservée à la LPP, elle me reviendra à l’âge de la retraite. A l’inverse de l’AVS, ici on parle d’un système de capitalisation.

    Celles et ceux qui ne paient pas la LPP sont donc les personnes retraitées, indépendantes ou sans activité lucrative.

    Quand dois-je commencer à cotiser pour la LPP ?

    Vous cotisez pour la LPP dès le 1er janvier suivant vos 17 ans si vous:

    • Recevez un salaire supérieur à 21’150 CHF par année, soit 1’762,5 CHF par mois (ils sont précis à la Confédération !)
    • recevez cet argent d’un même employeur.

    Attention, à cet âge-là (ah, 17 ans, quel bel âge !), vous ne cotisez que pour les risques de décès et d’invalidité.

    Vous épargnez pour créer un capital vieillesse à partir du 1er janvier suivant vos 24 ans, pour autant que les deux conditions du dessus soient aussi remplies. Sinon, au plus vite à la date à laquelle sont remplies les conditions.

    Combien je paie de LPP ?

    Comme on l’a vu, une partie des cotisations est versée par le salarié alors qu’une autre partie est versée par l’employeur.

    • Partie​ obligatoire: La loi impose certaines règles de base que tout employeur est obligé de suivre. Notamment :
      • Les bonifications de vieillesse minimums par tranche d’âge (voir plus bas).
      • Les taux d’intérêt versés chaque année sur l’avoir de l’assuré (1%).
      • Les taux de conversion (6,8%).
      • L’employeur est tenu de verser au moins la même somme que le salarié.
    • Partie​ surobligatoire: La loi définit toujours des minimums mais n’empêche pas les employeurs d’être plus généreux. Ils peuvent décider librement de comment ils souhaitent assurer leurs employés tant que ceux ci ne se retrouvent pas avec des conditions moins favorables que ce que la loi prescrit.
      • Les bonifications de vieillesse par tranche d’âge supérieure au minimum.
      • La part versée par l’employeur peut être plus importante que celle de l’employé.
      • La déduction de coordination inférieure à 24’885 CHF.

    Ouhlà, je sais ce que vous vous dites: « pourquoi t’ajoutes un nouveau mot compliqué Noé ? Y en a déjà assez ! »

    Bon, déjà, je mets ma main à couper que ce que je vous ai expliqué est 10x plus clair que tout ce que vous avez pu lire ailleurs. Sinon je démissionne. Que serait FKB Conseils sans sa mascotte ? Excellente question, qui restera, j’espère, sans réponse !

    En ce qui concerne la caisse de pension, j’y viens de suite. D’abord, calculons combien on paie de cotisation LPP. Les minimaux légaux sont les suivants:

    • De 25 à 34 ans : 7% du salaire annuel (3,5% pour votre pomme, 3,5% pour celle de l’employeur). Pour un revenu mensuel de 5’000 CHF à l’âge de 27 ans, une cotisation de 350 CHF au total sera demandée. 175 CHF seront déduit de votre salaire brut et 175 iront à la charge de votre employeur.
    • De 35 à 44 ans : 10% du salaire annuel (5% pour votre pomme, 5% pour celle de l’employeur). Pour un revenu mensuel de 6’000 CHF à l’âge de 39 ans, une cotisation de 600 CHF au total sera demandée. 300 CHF seront déduit de votre salaire brut et 300 iront à la charge de votre employeur.
    • De 45 à 54 ans : 15% du salaire annuel (7,5% pour votre pomme, 7,5% pour celle de l’employeur). Pour un revenu mensuel de 7’000 CHF à l’âge de 52 ans, une cotisation de 1’050 CHF au total sera demandée. 525 CHF seront déduit de votre salaire brut et 525 CHF iront à la charge de votre employeur.
    • De 55 à 64 ou 65 ans: 18% du salaire annuel (9% pour votre pomme, 9% pour celle de l’employeur). Pour un revenu mensuel de 8’000 CHF à l’âge de 61 ans, une cotisation de 1’440 CHF au total sera demandée. 720 CHF seront déduit de votre salaire brut et 720 CHF iront à la charge de votre employeur.

    C’est ce qu’on appelle une belle escalade ! Mais comme notre salaire a tendance à augmenter avec l’âge, au final, la combine est plutôt bien ficelée.

    Qu’est-ce qu’une caisse de pension ?

    C’est un fonds de pension, tout simplement, appelé également fonds de retraite. Il fonctionne par capitalisation, c’est-à-dire par accumulation (alors que l’AVS, on l’a vu, ne s’accumule pas, mais profite directement aux retraités actuels).

    Cette caisse a donc un double rôle.

    1. Recevoir​ nos versements en argent et les constituer sous forme de capitaux
    2. Transformer nos capitaux en rente.

    Les caisses de pension peuvent être publiques, privées ou semi-privées. C’est pourquoi elles sont si nombreuses en Suisse, bien que leur nombre diminue d’année en année. Elles sont actuellement moins de 2’000 dans le pays, contre 18’000 en 1985.

    Parmi elles, on compte Publica, BVK (caisse de pension de Zurich), la caisse de pension des CFF, celle de La Poste, du canton de Genève, de l’Etat de Vaud, d’UBS, de Nestlé, etc.

    Et là, vous vous dites: « mais quelle est ma caisse de pension ? »

    Celle à laquelle votre employeur actuel a souscrit !

    Ce qui signifie que quand on change de job, on change également de caisse de pension. Bien sûr, on ne recommence pas toujours à zéro. Le montant précédent est simplement transféré d’une caisse de pension à l’autre.

    Qu’est-ce qu’une prestation de libre passage ?

    Quand on quitte un emploi, ce qu’on appelle un changement survenant avant un cas de prévoyance, on quitte également la caisse de pension dans laquelle était précieusement gardé notre 2ème pilier.

    Ce montant prêt à être transféré se nomme, justement, « prestation de libre passage ». C’est une sorte d’entre deux, de monde parallèle. Mais bien réel ! Il ne s’agit pas de fiction, ne vous inquiétez pas. C’est juste que, comme le montant est destiné à votre prévoyance vieillesse, il ne peut vous revenir directement. Alors il va être transmis à un compte de libre passage.

    Bien qu’on puisse normalement compter sur le département RH d’une nouvelle entreprise pour nous le rappeler, c’est notre responsabilité que de communiquer les informations du transfert à notre ancienne caisse de pension.

    En cas d’oubli, le montant ne s’évapore pas dans la nature. Il sera transmis à un organisme qui porte le doux nom de ​«Fondation institution supplétive LPP». C’est une situation fréquente, sans gravité, mais qui engendre quelques papiers en plus à traiter.

    Entre nous, si vous avez la flemme de le faire, dites-le-nous, on s’occupe de tout ça gratuitement et dans les plus brefs délais.

    Si une partie de votre richesse a déjà transité par la Fondation institution supplétive LPP, assurez-vous qu’elle n’y soit pas restée.

    Encore une fois: si vous n’êtes pas certain(e) de savoir comment procéder, dites-le nous, on s’occupe de tout.

    Combien je toucherai de mon 2ème pilier ?

    Prenons le cas le plus commun: vous arrivez à 64 ou 65 ans, vous avez cotisé durant 40 ans. Ce capital accumulé (qui peut varier légèrement suivant les conditions de la caisse de pension) porte le doux nom d’ « avoir de vieillesse ».

    Entre nous, appelons ça un gâteau. Un gâteau à la courge, puisqu’on le dégustera à l’automne de notre vie.

    Chaque mois, on dégustera une part de notre gâteau à la courge. On ne pourra pas le manger en une seule fois. Les caisses de pension nous protègent contre une indigestion sévère. Merci les caisses de pension !

    Cela dit, on peut, à l’heure actuelle et de manière légale, retirer le quart de notre avoir en capital et le reste sous forme de rente. Cependant, la plupart des caisses de pensions nous laissent le droit de disposer de bien plus que le quart sous forme de capital voir même la totalité.

    Et, bien sûr, la rente diminuera en conséquence.

    Comment calculer la rente 2ème pilier ?

    En la multipliant par le taux de conversion en vigueur. Actuellement, il est de 6,8% pour la partie obligatoire. Si mon avoir vieillesse est de 200’000 CHF à l’âge de la retraite, il ne me reste qu’à multiplier ce montant par 0.068. Ce qui nous donne 13’600 CHF versés annuellement. Autrement dit, ma rente 2ème pilier sera de 1’133 CHF par mois qui viendront s’ajouter à mon AVS.

    Si vous gagniez plus de 85’320 CHF par année, alors vous entrez dans le régime surobligatoire dont on a parlé avant. Le taux de conversion n’est pas fixé. 

    Contactez-nous et on le calculera pour vous !

    Retirer son deuxième pilier sous forme de rentes ou capital ?

    C’est une question cruciale et unique pour toute personne arrivant à la retraite. On a presque toujours la possibilité de choisir si l’on préfère prendre tout son avoir d’un coup ou si l’on préfère que notre caisse de pension nous en fasse profiter sous forme de rentes prédéfinies. Mais pour pouvoir effectuer un choix éclairé, il y a certains paramètres à ne pas ignorer :

    • Notre état de santé
    • Nos connaissances en matière de gestion financière
    • Nos fiscalités
    • Nos héritiers
    • Nos besoins actuels et futurs

    Pas de panique, on va voir tout ça plus en détails !

    Retirer son deuxième pilier sous forme de rentes

    Décider d’opter pour des rentes infinies est forcément plus rassurant. On sait déjà ce qu’on recevra du premier pilier ​et on connaît le montant des rentes provenant du deuxième. On peut donc facilement connaître le revenu qu’on touchera et fixer notre budget en conséquence.

    En plus de connaître à la perfection notre situation on est certain que jusqu’au dernier jour de notre vie on aura accès aux mêmes moyens financiers.

    Malgré tous ces avantages, vous vous demandez où est le hic ? Et oui il y en a forcément un.. voire deux dans ce cas-là.

    Prendre son deuxième pilier sous forme de capital

    Hmmm en voilà une bonne idée !

    Cette option est attrayante, elle permet de jouir d’un capital colossal après tant d’années de travail. Vous pourrez enfin vous offrir cette belle maison de campagne ou encore partir faire le tour du monde avec juste un billet aller en main. Cette idée est alléchante mais plus risquée ! Effectivement, avoir un capital important sur son compte en banque oblige une certaine assiduité et rigueur dans les dépenses. Une fois ce capital épuisé, il ne vous restera plus que vos rentes AVS pour pleurer. Il est donc nécessaire de savoir gérer une telle somme, comment l’investir, quel budget prévoir chaque année… Eh oui !

    Prendre son deuxième pilier sous forme de capital: tableau comparatif

    Il est toujours compliqué de donner une explication claire et définitive applicable à tout le monde. En revanche, il est possible de définir de manière fiable les impacts financiers (impôts et revenu) que l’on pourra observer en fonction de notre choix.

    Prenons mon exemple, j’ai travaillé toute ma vie comme conseiller, j’ai réussi à mettre au sein de ma caisse de pension 500’000 Chf. Tout de même ! À 65 ans je devrai faire ce choix crucial entre rente ou capital…

    Grâce à ma caisse de pension j’ai le choix entre une rente équivalente à 34’000 CHF par an ou au retrait total des 500’000 Chf versés sur mon compte. Mais à partir de quel âge la rente dépassera t-elle mon énorme capital ?

    On peut voir dans ce tableau à partir de quand une option rapportera plus que l’autre.

    On peut donc en conclure que après 14,7 années passées à la retraite ce qui me fera presque 80 ans, j’aurai gagné autant d’argent que si j’étais parti avec mon argent dès le premier jour. Malheureusement, ce n’est pas aussi simple. Il faut aussi prendre en compte les impôts, ben oui… on peut pas les laisser de côté…

    Nous avons pu voir dans les chapitres précédents que l’option capital est imposée une seule fois à taux réduit tandis que la rente sera imposée de manière constante tout au long de notre vie.

    On peut constater que l’impôt sur le revenu est très important et qu’après 9 ans il aura dépasser le montant payé en cas de retrait en capital.

    En bref, difficile de se décider, non ?

    FBK Conseils vous offre ses services pour identifier en plus du côté financier, des précieux conseils pour isoler les aspects importants de votre retraite.

    Puis-je retirer mon 2ème pilier avant la retraite ?

    Mis à part au moment de la retraite, on peut réclamer le montant de notre 2ème pilier dans trois situations bien particulières (et non, l’achat du tout nouvel iPhone n’en fait pas partie !).

    Je peux retirer mon 2ème pilier si je quitte la Suisse

    Si vous souhaitez quitter définitivement la Suisse, vous pourrez retirer tout votre gâteau et le manger où bon vous semble uniquement si vous vous installerez dans un pays hors Union européenne.

    Si vous comptez habiter en Espagne, votre fonds de pension obligatoire sera simplement transféré dans un fonds espagnol. Vous pourrez uniquement retirer votre part surobligatoire.

    Je peux retirer mon 2ème pilier si je lance une activité indépendante

    Qui n’a pas un jour caressé le doux rêve de lancer son activité indépendante ? D’oser ouvrir sa micro-brasserie ou son agence de marketing digital ? De vivre de sa passion ?

    Si vous décidez de vous jeter à l’eau, alors vous pourrez retirer vos cotisations LPP, respectant ces quelques conditions:

    • Il est possible de demander un versement anticipé tous les 5 ans, mais pas plus.
    • Vous pouvez retirer tout le gâteau uniquement si vous avez moins de 50 ans. Au-delà de 50 ans, une limite vous sera imposée.
    • Si vous êtes marié(e)s, il vous faudra l’accord signé de votre conjoint(e).

    Enfin, si vous décidez de lancer votre propre boîte mais que vous n’avez besoin que d’une partie de votre 2ème pilier, il va de soi que la rente que vous recevrez plus tard subira une diminution significative.

    Je peux retirer mon 2ème pilier pour acquérir un logement à usage personnel

    L’autre jour, je voulais retirer mon avoir de vieillesse pour investir dans l’immobilier ; on a rapidement freiné mes ardeurs. D’après la loi, je peux bénéficier de mon 2ème pilier avant ma retraite uniquement pour acquérir un logement ou rembourser une dette hypothécaire d’un logement à usage personnel.

    D’ailleurs, si je revends ma maison au coeur des vignes dans le Lavaux acquise avec mon 2ème pilier, je dois rembourser le montant touché.

    Combien dois-je payer d’impôts si je touche mon 2ème pilier avant la retraite ?

    Quand on retire tout ou partie du capital de notre 2ème pilier, on est imposé au niveau communal, cantonal et fédéral.

    C’est un impôt sur le revenu mais imposé à 1/5 du taux standard.

    A partir de là, c’est assez impressionnant de voir comme le montant peut varier d’une région à une autre. Par exemple, sur un retrait de 500’000 CHF, un Lausannois devra payer 63’490 CHF d’impôts contre 30’019 CHF, soit moins de la moitié, pour un habitant de Zoug.

    « Je crois que je vais aller habiter à Zoug… »

    C’est la première pensée qui a traversé tout esprit normalement constitué. Pourtant, ce n’est pas aussi simple.

    Pour être considéré Zougois(e), il ne suffit pas d’y déposer ses papiers, de louer un appartement ou d’y conduire une voiture le dimanche. Non, il faut véritablement y habiter. C’est-à-dire y être intégré socialement.

    Aller à la salle de sport et pousser de la fonte en schwytzerdütsch, sortir dans les bars du coin et saluer tout le monde en disant « Toi zäme » et non « Hallo » (« grüezi mitenand » est également accepté), vous rendre au Herti Allmend Stadion et supporter le Zug 94 !

    C’est hors de ma portée.

    Le 2ème pilier en cas de divorce

    Sur une note moins joyeuse, abordons le sujet délicat du 2ème pilier en cas de divorce. Sauf mesure extraordinaire, et même en cas de régime de séparation des biens, les avoirs LPP des deux conjoints sont additionnés puis divisés en deux parts égales.

    A certaines conditions et si les deux parties s’accordent, il vous est possible de renoncer au partage. C’est d’ailleurs ce qui arrive souvent dans la pratique, puisqu’environ 45% des divorces se terminent sans partage égal des avoirs LPP.

    Dans le cas où vous ou votre (ex-)conjoint(e) n’était pas inscrit auprès d’une caisse de pension, la moitié de la totalité des avoirs de vieillesse du couple sera versé sur un compte de libre passage qui sera ouvert pour l’occasion.

    Le 2ème pilier en cas d’invalidité

    La prévoyance professionnelle existe pour soutenir le premier pilier afin de subvenir à vos besoins lors de votre départ à la retraite mais pas seulement. Votre caisse de pension est aussi là pour vous soutenir si la vie vous joue des tours. Si par malheur vous n’êtes plus en mesure de travailler, elle comblera une partie de votre manque à gagner.

    Si un drame survient, il faudra informer la centrale de l’AVS qui aura la mission de constater l’incapacité de gain et surtout son degré. L’AI met en moyenne deux ans pour rendre son jugement.

    Il y a toutefois une différence si l’invalidité fait suite à une maladie ou à un accident. Dans les deux cas, des rentes sont versées pour culminer entre 50 et 90% de votre dernier salaire.

    Le 2ème pilier en cas d’invalidité suite à une maladie

    En suisse, 80% des cas d’arrêts de travail sont dûs à une maladie. Les 20% restants correspondent aux arrêts de travail suite à un accident, problème congénital, etc…

    Le fait que tomber malade est beaucoup plus fréquent que les autres cas rend cette couverture très coûteuse à assurer. Il existe deux phases importantes survenant après l’incapacité de gain :
    1)  Du premier jour d’invalidité jusqu’à la décision de l’AI (3ème jours – 720 ème jours) :

    Pendant cette période, vos revenus ne proviendront plus de votre emploi mais de l’obligation que tout employeur a envers ses employés. Cette obligation inscrite dans le code des obligations indique précisément les délais du maintien de salaire. La durée va dépendre exclusivement de votre ancienneté dans l’entreprise et de la générosité de votre patron.

    2)  De l’invalidité reconnue jusqu’au premier jour de votre retraite :

    Cette deuxième phase est du ressort de votre prévoyance professionnelle (La LPP invalidité). Une fois qu’elle reçoit la confirmation d’un cas d’invalidité, elle va commencer à verser des rentes, en sus du premier pilier (AI).

    Pour connaître le montant des rentes versées il vous faut regarder le plan de prévoyance choisi par votre employeur. Dans la plupart des cas, le montant de la rente est exprimée en % du salaire assuré. Ces rentes, incluant le premier pilier, oscillent entre 50 et 60 % du dernier salaire.

    Le 2ème pilier en cas d’invalidité suite à un accident

    Dans ce cas de figure, nous allons aussi trouver les deux mêmes phases que pour la maladie mais les intervenants et les montants diffèrent complètement. Du fait que les cas d’invalidité suite à un accident sont rares, les couvertures proposées vont au delà de celles pour la maladie.

    1)  Du premier jour d’invalidité jusqu’à la décision de l’AI (3ème jours – 720 ème jours) :

    Durant cette période, la loi sur l’assurance accident protège bien les employés. Elle permet de couvrir dans tous les cas 80% du dernier salaire.

    2)  De l’invalidité reconnue jusqu’au premier jour de votre retraite :

    Ici les rentes ne seront plus délivrées par la LPP mais par la deuxième composante de la prévoyance professionnelle, la LAA. Cette assurance ne prend pas en compte les conditions de la caisse de pension, tout le monde aura le droit à un maintien du salaire d’au moins 90%.

    Le 2ème pilier en cas de décès

    Dernier cas abordé dans cet article que j’ai voulu le plus complet et clair possible sur le 2ème pilier: le décès.

    S’il devait m’arriver quelque chose de fatal, alors ma conjointe ou ma partenaire enregistrée et mes descendants auront le droit à une rente.

    En ce qui concerne ma partenaire, avant qu’elle puisse disposer de cette somme elle devra remplir au moins l’une des trois conditions suivantes:

    • Avoir au moins 45 ans révolus
    • Être en couple depuis au moins 5 ans.

    Si ces deux conditions sont remplies alors il y aura une rente de veuve(f) équivalent à 60% de ma rente d’invalidité ou à un capital fixe.

    Dans le cas où ma conjointe, ma partenaire enregistrée ou ma concubine ne remplit aucune de ces trois conditions, elle touchera tout de même une allocation unique d’en moyenne 3 rentes annuelles.

    Enfin, le droit à la pension de conjoint ou partenaire enregistré prend fin en cas de décès, de remariage, de nouveau partenaire enregistré ou de nouveau concubinage.

    En bref: le 2ème pilier en Suisse

    Ouf !

    On arrive à la fin de cet article sur le 2ème pilier. Croyez-moi, je l’ai écrit à la sueur de mon front. Si vous avez des suggestions pour améliorer sa lecture ou sa compréhension, faites-le savoir dans les commentaires.

    On a donc vu que la LPP a été introduite pour venir compléter l’AVS, qui n’assure que la couverture des besoins fondamentaux. Financé par les employés et leurs employeurs, le 2ème pilier s’ajoute au 1er pilier pour nous offrir une rente de retraite équivalent à 50 ou même 60% de notre dernier salaire.

    Après s’être intéressés à ​l’assurance étatique (AVS, 1er pilier) et l’assurance professionnelle (LPP, 2ème pilier), penchons-nous sur l’assurance privée, à savoir ​le 3ème pilier​, qui vient compléter le système de prévoyance suisse.

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