1er pilier en Suisse (AVS/AI): toutes les réponses sur une page

    Bonjour_Noe-3

    A la fin de cet article, vous saurez tout sur le 1er pilier : comment ça fonctionne, combien vous payez et, surtout, combien vous toucherez d’AVS à votre retraite. C’est parti !

    Qu’est-ce que le premier pilier (AVS/AI) et pourquoi existe-t-il ?

    L’AVS, abréviation d’Assurance-vieillesse et survivants, a pour but de couvrir nos besoins vitaux ou ceux de notre conjoint(e) ou enfant(s) en cas de décès.

    Comme son nom l’indique, elle est composée de deux rentes.

    La première est la ​rente de vieillesse​, nous permettant de prendre une retraite bien méritée tout en ayant la garantie d’une sécurité matérielle minimale.

    La deuxième, la ​rente de survivants​, tempère les difficultés financières rencontrées en cas de décès d’un parent ou d’un conjoint, qui s’ajoutent invariablement à la souffrance psychologique.

    Quant à l’AI, abréviation ​d’Assurance-invalidité​, elle a pour but de couvrir les besoins vitaux des personnes en situation d’invalidité reconnue par la loi (accident, maladie ou infirmité congénitale). Elle concerne essentiellement les personnes en incapacité de gagner leur vie pour cause d’un ou plusieurs problèmes de santé.

    Simple, n’est-ce pas ?

    Dans la suite de l’article, on va se focaliser sur l’AVS et son rôle dans le cadre de notre retraite.

    Quand est-ce que l’AVS a été introduite en Suisse ?

    Alors que des pays comme l’Allemagne ont instauré diverses assurances sociales, dont l’assurance vieillesse, dès la fin du 19ème siècle, il aura fallu attendre le 1er janvier 1948 pour que les premières rentes AVS soient versées en Suisse.

    Y’a peut-être pas le feu au lac, mais je suis quand même content de vivre à une période historique où l’Etat m’assure un minimum vital à partir d’un certain âge. Pas vous ?

    Mais comment on finançait les retraites avant 1948 ? On comptait sur les familles, les associations caritatives et les églises ! Les membres y sacrifiaient une partie de leur fortune pour assurer une vie digne aux personnes devenues incapables de travailler.

    En somme, pour jouir d’une retraite acceptable, il fallait avoir été bon parent, fait preuve de charité et fréquenté les bancs de l’église tous les dimanches matin ! Si j’avais vécu à l’époque, on ne m’aurait pas refilé un sou. Aïe.

    Depuis, on en a parcouru du chemin ! Mais le principe fondamental, contrairement à ce qu’on peut croire, reste inchangé. Je m’explique dans le prochain chapitre.

    Comment fonctionne l’AVS et qui la paie ?

    Souvent, les travailleurs pensent qu’ils cotisent à l’AVS pour ensuite payer leur retraite. Ce qui est totalement faux. Comme au 19ème siècle, ​vous et moi sacrifions une partie de notre revenu pour assurer la retraite de ceux qui ont déjà travaillé jusqu’à l’âge convenu c’est ce qu’on appel le principe de solidarité ! ​(voir chapitre combien dois-je payer de cotisations AVS).

    Et quand vous et moi serons à la retraite, ce sera le tour des travailleurs actifs de sacrifier une partie de leur revenu pour qu’on puisse payer notre loyer et nos assurances.

    L’incitation à réserver une part de son revenu aux personnes à la retraite s’est simplement transformée en une obligation régie par l’Etat et étendue à la part active du corps social.

    Mais qui est donc soumis à la cotisation de l’AVS, à part moi ?

    Premièrement, il faut bien distinguer les personnes assurées à l’AVS et les personnes qui cotisent à l’AVS. Toutes personnes vivant en suisse est assurée d’office à l’AVS qu’on soit étudiant, sans activité lucrative ou retraité. Cependant, tout le monde n’est pas tenu de cotiser à l’AVS.

    Toute personne depuis le 1er janvier suivant son 20ème anniversaire jusqu’à son départ à la retraite.

    Un ami de 35 ans est arrivé en Suisse il y a 2 ans. Il a donc commencé à cotiser à 33 ans et le fera jusqu’à ses 65 ans. Ensuite, quand il jouira de sa retraite au cœur de la Riviera vaudoise ou dans la tranquillité verdoyante de la Broye, ce seront les autres qui cotiseront pour lui.

    Moi, je verse une partie de mes revenus depuis le 1er janvier ayant suivi mes 20 ans. Pas de chance pour ceux qui sont nés en fin d’année ! Et je cotiserai jusqu’à mes 65 ans.

    Combien je cotise, d’ailleurs ? En voilà, une autre excellente question !

    Combien dois-je payer de cotisations AVS ?

    Avant de rentrer dans trop de détails, il y a deux cas de figures majeurs :

    • Les personnes exerçant une activité lucrative
    • Les personnes sans activité lucrative

    Les cotisations pour les personnes salariés exerçant une activité lucrative ​se montent à 10,25 % de leur salaire brut. Quand j’ai lu ça la première fois, j’ai été pris par un coup de panique ! Puis, j’ai appris que ​la moitié était pour la poire de mon employeur.

    Contrairement aux salariés, les personnes exerçant une activité lucrative indépendante doivent apporter la totalité de leurs cotisations seuls, et en fonction de leur revenu annuel. De ce fait, le taux de cotisation pour les indépendants reste inférieur à celui des salariés.

    Combien dois-je payer de cotisations AVS en tant que personne sans activité ?

    Sont considérées comme personnes sans activité lucrative celles qui n’exercent aucune activité qui leur rapporte de l’argent. Je sais ce que vous vous dites : « mais non Noé, sans déconner ? ». Attendez, attendez, parce qu’il y a aussi les personnes à faible revenu.

    Dans ce cas, le revenu est additionné à la ​fortune​. La situation peut être temporaire ou continue, comme pour :

    • Des personnes en retraite anticipée
      • Les rentiers (location de biens, rentes provenant de l’étranger, héritage)
    • Des bénéficiaires de rente d’Assurance-invalidité
    • Des étudiants
    • Des personnes inscrites au chômage et arrivées en fin de droits
    • Des assurés exerçant une activité peu lucrative, dont les cotisations annuelles (part de l’employeur comprise) n’atteignent pas les 482 CHF par année, correspondant à un revenu annuel brut de 4702 CHF)
    • etc.

    Si vous voulez savoir combien vous devez verser, voici arrivé le premier moment de l’article où votre tête va chauffer.

    Respirez un bon coup… Let’s go (j’inspire… Shakespeare) !

    Multipliez votre revenu annuel par 20 puis ajoutez au résultat, votre fortune. Une fois votre chiffre déterminé, référez-vous au tableau ci-dessous.

    Dans quelle fourchette vous trouvez-vous ?

    Dans les colonnes de droite sont indiqués les montants à verser par année et par mois.

    Quand aurai-je le droit à ma retraite ?

    Comme vous avez sûrement pu vous en apercevoir, je suis un homme. De ce fait, ma retraite a été fixée à 65 ans. Ma femme Zoé pourra partir en retraite une année avant moi, donc à 64 ans.

    Il s’agit là d’une retraite ordinaire, mais il est possible soit d’​anticiper sa retraite, soit de l’​ajourner​.

    Quand j’ai appris ça, j’ai tout de suite voulu mettre une option sur la retraite anticipée ! Mais il y a un hic… s’il est possible de partir en retraite une ou deux années avant l’âge convenu, ce départ entraîne une réduction significative des rentes AVS. Combien précisément ? Réponse dans la prochaine section de l’article.

    Inversement, il est possible d’ajourner sa retraite en la repoussant d’une année à cinq ans. Au début, je ne comprenais pas l’intérêt… jusqu’à ce qu’on m’explique que ce faisant, mes futures rentes connaîtraient une augmentation conséquente ! Intéressant…

    Ah, j’hésite… Que faire ? Calculer, tout d’abord ! Et c’est toute la question du chapitre suivant.

    A combien de rente AVS aurai-je le droit ?

    « Assez parlé, on veut des chiffres ! »

    Je sais, je sais. Et pourtant, pour bien comprendre les chiffres, je dois les accompagner de quelques mots. On parle quand même de votre retraite, ce pour quoi vous travaillez toute une vie. Alors encore un peu de concentration je vous prie…

    Tout d’abord, le premier pilier est le seul qui est borné​. Non pas qu’il soit têtu, mais il est le seul à connaître un plafond bas et un plafond haut. La rente vieillesse va d’un minimum de 1’185 CHF à un maximum de 2’370 CHF pour une personne célibataire.

    Mauvaise nouvelle pour les tourtereaux et les tourterelles qui me lisent : le maximum de la rente vieillesse pour un couple marié ne dépasse pas le 150% maximum d’une personne célibataire. La rente maximale qu’un couple marié pourra toucher est donc de 3’555 CHF.

    Kézako ?

    Je reprends : si la rente maximale pour une personne célibataire est de 2’370 CHF, alors la rente maximale pour un couple est de 3’555 CHF. Ce qui donne un maximum de 1’777.50 CHF par tête.

    On pourrait s’arrêter là, mais si on veut enfoncer le clou, on pourrait formuler ça de différentes manières.

    1. La rente vieillesse maximale en Suisse pour une personne mariée est de 592.50 CHF inférieure à celle d’une personne célibataire.
    2. La​ rente vieillesse maximale pour un couple marié est inférieure de 1’185 CHF par rapport à deux rentes maximales pour un couple de « concubins célibataires ».

    Comment on dit déjà ? Ah oui ! En amour, on ne compte pas…

    Je vous ai parlé jusqu’à maintenant de rente maximale. Mais ce n’est pas tout. La rente dépend de deux facteurs : le revenu moyen et la durée de cotisation. Pour toucher une rente maximale, il faut déjà toucher une ​rente complète​.

    Comment disposer d’une rente AVS complète ?

    On doit avoir cotisé durant l’ensemble de la tranche d’âge convenue, c’est-à-dire durant 44 ans pour les hommes et 43 ans pour les femmes. Chaque année non cotisée représente une perte de 1/44ème de notre rente pour les hommes et 1/43ème pour les femmes. Ils appellent ça une année de lacune.

    Par exemple, si je pars à l’étranger pour un séjour d’une année et que j’oublie de payer mon AVS, et bien j’aurai une année de lacune. Ou encore : Zoé et moi, on a un enfant et elle décide de s’en occuper à temps plein. Je paie les cotisations pour elle. Et puis, les choses se détériorent et on divorce. Si elle oublie de verser ses cotisations, elle sera pénalisée.

    Peut-on rattraper ces années lacunes ?

    Oui ! Mais uniquement dans les cinq années qui suivent l’année lacune. Si j’arrive à 65 ans et qu’on me dit :

    • Je vois que durant l’année de vos 27 ans vous n’avez pas cotisé.
    • Ah flûte (restons polis) ! J’ai passé une année à Cancun pour un séjour… culturel. J’ai totalement oublié ! Mais je peux rattraper maintenant, j’ai les sous.
    • Désolé Monsieur, mais il est trop tard. Vous aviez jusqu’à la fin de vos 31 ans pour rattraper votre retard.
    • Mais de combien je serai pénalisé ?
    • De 1/44ème de votre rente complète.
    • Oh non, pas de math aujourd’hui, je me suis levé avec un de ces maux de crâne…
    • En gros, vous calculez votre rente complète et vous la multipliez par 0,045. Vous soustrayez le résultat à la première et vous obtenez votre rente réelle.

    Il est également possible de demander tout les 5 ans un extrait de compte individuel pour avoir toutes les informations pertinentes sur la situation de vos cotisations AVS. Cet extrait peut être demandé et modifié une seule fois tout les 5 ans.

    Comment disposer d’une rente AVS maximale ?

    Comme on l’a dit, la rente maximale pour une personne célibataire est de 2’370 CHF par mois, alors que la rente maximale pour un couple est de 3’555 CHF par mois.

    Vous êtes célibataire et/ou compter l’être jusqu’à l’âge de la retraite ? Il vous faudra avoir gagné la modique somme de 84’600 CHF par année en moyenne sur vos 43 ou 44 ans d’activité.

    D’après un article de la Tribune de Genève datant de 2018, seul un tiers des Suisses célibataires jouissent d’une rente AVS maximale. Ce qui est assez logique, puisque le salaire moyen à temps plein est de 74’000 CHF.

    Avec un salaire annuel moyen de 90’000 CHF par couple durant la période légale, le duo d’amoureux reçoit la rente maximale, divisée proportionnellement à leur revenu.

    Par exemple, si j’ai le droit à une rente de 1877 CHF et ma future femme à une rente de 2’029 CHF, on ne pourra toucher, à deux, que 3’555 CHF. Chaque rente sera réduite de manière proportionnelle pour atteindre le montant maximal. Dans notre exemple

    Et pour savoir quelle part chacun touchera de cette somme maximale, le calcul suivant est effectué :

    Chiffre plus encourageant, 58% des couples suisses touchent une rente maximale. Ah… l’amour !

    En bref : le 1er pilier en Suisse

    En conclusion, qu’on soit dans le bas ou le haut de la fourchette, le 1er pilier assume son rôle de garantie des besoins vitaux, mais pas vraiment plus.

    C’est à ce moment qu’entre en jeu le ​2ème pilier : la prévoyance professionnelle.

    En quoi on peut vous aider ?

    On fait tout ça pour vous, gratuitement ! Il vous suffit de nous lancer un coup de fil ou de nous partager votre souhait par chat.

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